Le guide ultime de la prise de parole en public

Ce guide vous donnera tous les conseils nécessaires pour réussir votre prise de parole en public, que ce soit lors d’une réunion ou face à un auditoire de plusieurs milliers de personnes.

S’exprimer face à d’autres personnes est un exercice stressant pour la plupart d’entre nous. Comment se comporter ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Grâce à ce guide écrit par les meilleurs professionnels de la communication interpersonnelle, vous pourrez apprendre les techniques nécessaires à une communication orale efficace et à gérer votre stress.

Sommaire

  • Qui sommes-nous ?
  • Les techniques de base
    • Posture
    • Respiration
    • Regard
    • Voix
    • Gestuelle
  • La prise de parole sur scène
    • L’entrée en scène
    • La première minute
    • Conclure sa prise de parole
  • Résoudre les problèmes courants liés à la prise de parole
    • Gérer le stress
    • Éliminer les « euh »
    • Éviter les mouvements parasites
    • Regarder tout le temps dans la même direction
    • Éviter la voix « monotone »
  • Pour aller plus loin
    • Développer un message fort
    • Travailler le discours
    • Utilisation de visuels
    • Travailler avec un coach

Qui sommes-nous ?

Ideas on Stage est une société spécialisée dans les présentations d’entreprise. Nous avons coaché et formé des milliers d’orateurs. Nous avons énormément d’expérience dans la préparation des présentations de style TED et TEDx avec plus de 300 intervenants préparés et des dizaines d’événements TEDx en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Pour préparer les intervenants, nous utilisons les techniques d’art oratoire classiques, mais nous allons bien au-delà en mettant les nouvelles technologies au service de la prise de parole, par exemple avec la réalité virtuelle. Nous utilisons également les méthodes récentes de storytelling et de création visuelle.

Les techniques de base de l’art oratoire

La prise de parole s’appuie sur les techniques de l’art oratoire, inspirées du monde du théâtre. C’est une pratique ancienne, construite sur plusieurs millénaires. Les Grecs sont probablement les premiers à en avoir formalisé les codes. Ces techniques vous donneront présence et aisance sur scène. Il est nécessaire de les maîtriser, mais elles doivent être complétées avec les techniques de storytelling et de visuels pour une prise de parole complète et efficace.

Les techniques de l’art oratoire couvrent principalement la posture, la respiration, la voix, le regard et la gestuelle. Nous allons expliquer pas à pas comment travailler chacun de ces éléments.

Posture : ancré mais pas figé

La posture est le premier élément d’une prise de parole réussie. Une posture confiante et stable, volontaire mais non tendue, renforcera votre présence sur scène, et projettera une image positive. À l’inverse, une posture fermée, faible, avec des mouvements parasites projettera une image de manque de confiance en soi qui ne pourra qu’impacter négativement votre discours. Nous allons voir ensemble comment adopter une bonne posture.

Tout part des pieds. Ceux-ci doivent être posés bien à plat, bien « ancrés dans le sol », écartés d’environ la largeur du bassin. Dans cette position, ils doivent vous permettre d’être complètement stable, même si vous étiez légèrement poussé.

Les jambes sont droites, toniques, sans être trop tendues. Si vous deviez commencer à marcher, le mouvement doit sembler naturel.

Les hanches, le buste et les épaules sont bien droits, alignés au-dessus des pieds. De nouveau, il faut être bien droit, être tonique, mais sans être rigide. Il faut pouvoir se déplacer et bouger avec aisance et naturel.

La tête est droite, comme si un fil tirait le sommet du crâne vers le haut. Le plus important est d’avoir un bon alignement buste - cou - tête, car cela facilite la respiration.

Pour maîtriser la posture, commencez par la pose des pieds à plat, puis remontez : les jambes, les hanches, le buste, les épaules et enfin la tête. Prenez le temps d’adopter cette pose et de bien la ressentir pendant quelques minutes. Gardez les bras simplement le long du corps, relâchés. Quittez la posture, relaxez-vous, déplacez-vous un peu et recommencez jusqu’à ce que la prise de la posture devienne naturelle.

Si vous faites partie de ces personnes qui bougent sans arrêt sur scène, que ce soit sur place ou de gauche à droite, nous vous donnerons un truc dans la section « résoudre les problèmes courants liés à la prise de parole ».

Respiration

Une respiration calme, posée et profonde donnera de l’énergie à la voix. Avec de la pratique, elle vous aidera également à gérer votre stress.

La respiration est connectée à la posture pour une raison mécanique toute simple : il est plus facile de respirer lorsqu’on se tient bien droit que lorsqu’on est courbé. L’air passe sans effort du nez et de la bouche aux poumons.

Pour travailler la respiration, commencez par adopter une posture ancrée. Fermez les yeux. Si vous avez des problèmes d’équilibre, vous pouvez garder les yeux ouverts, mais focalisez-vous sur la respiration, sur ce que vous ressentez durant l’exercice.

Le premier exercice consiste à respirer lentement, calmement, en inspirant profondément, puis en expirant profondément. Imaginez que l’air descend tout en bas de vos poumons, presque dans le bas de votre ventre. Cela fera travailler tous les muscles, y compris abdominaux, et pas seulement la cage thoracique. Répétez cet exercice pendant une vingtaine de respirations, ou jusqu’à ce que la respiration devienne très facile, sans effort. Pour mieux ressentir la respiration, vous pouvez placer une main sur le ventre.

Ensuite, essayez de varier la respiration. Ralentissez-là le plus possible. Ou au contraire, accélérez-la volontairement. Prenez le temps de bien ressentir l’impact qu’une respiration lente ou rapide peut avoir sur vous. Cherchez le rythme qui vous semble le plus naturel pour vous, celui où vous vous sentez le plus à l’aise. Continuant d’inspirer et expirer profondément, mais sans exagération, votre respiration doit rester normale et non exagérée.

L’exercice suivant consiste à apprendre à gérer le flux d’air. Inspirez normalement, puis expirez en faisant le son « mmmmmm ». Répétez l’exercice en alternant avec d’autres sons comme « aaaaa » et « ooooo ». Répétez jusqu’à pouvoir émettre les sons naturellement, de manière continue, sans devoir reprendre votre respiration trop souvent.

Voix

Pour schématiser, il existe deux types de voix : les voix de poitrine et les voix de tête. Une voix de poitrine sera plus grave, mais sera également plus difficile à faire « projeter », c’est-à-dire lui faire atteindre le public. Une voix de tête est plus facile à amplifier et à projeter, mais exagérée elle sera trop aigüe et désagréable à écouter. Pour ressentir la différence, placez une main sur votre poitrine et l’autre sur le sommet de votre crâne. Commencez par émettre un son plutôt grave (le son « oooo » est plutôt grave). Vous devriez ressentir votre poitrine vibrer. C’est l’effet amplificateur de la cage thoracique, exactement comme la caisse de résonance d’une guitare. Ensuite, émettez un son plus aigu, comme « iiiii ». Vous devriez ressentir les os de votre tête vibrer. Essayez de varier la tonalité entre le grave et l’aigu, en fonction des capacités de votre voix, pour ressentir les vibrations des différentes caisses de résonance dont la nature nous a dotés.

Nous ne cherchons pas à devenir des chanteurs. Pour la prise de parole, nous vous conseillons de travailler sur l’amplification de votre « timbre naturel ». Nous avons tous une voix avec un timbre naturel particulier. Il ne sert à rien de vouloir le changer le timbre de base. Au mieux, cela n’apportera rien. Au pire, notre voix semblera totalement artificielle. On ne peut pas demander à un ténor de chanter comme un baryton. Le mieux est d’apprendre à tirer le meilleur parti de ce que la nature nous a donné comme voix en apprenant à l’amplifier et à la « projeter » efficacement vers le public.

Pour travailler votre timbre naturel, parlez en ayant l’impression de faire sortir le son de l’avant de votre bouche plutôt que de l’arrière de votre gorge. Utilisez vos mains pour ressentir les vibrations, l’objectif étant d’amplifier au maximum votre voix en utilisant celles-ci. Cette partie est probablement celle qui ne peut pas se maîtriser via un article, et qui demande absolument l’aide d’un professionnel.

Enfin, certaines personnes ont également des voix beaucoup plus fortes que d’autres personnes. Si votre voix est particulièrement douce, nous vous conseillons d’utiliser un micro même lorsque la salle n’est pas très grande (à partir d’une vingtaine de personnes). De nouveau, trop forcer sur votre voix s’entendra et sera désagréable pour le public.

Regard

Le regard est un élément essentiel de la prise de parole. En effet, c’est lui qui permet d’établir une connexion avec le public. Une connexion efficace vous donnera énergie, authenticité et force dans la voix. Le regard est également l’élément « magique » qui permet d’éviter les mouvements parasites, de parler trop vite et d’éliminer les « euh » comme nous le verrons plus loin.

Le regard doit à la fois être individuel et englobant tout le public. Individuel, car lorsque vous regardez dans une direction, vous adressez à une personne précise. Englobant tout le public, car il faut changer de personne assez souvent, mais pas trop. Nous allons expliquer comment combiner ces deux aspects pour établir la connexion visuelle la plus efficace possible.

Pour cet exercice, vous n’avez pas probablement pas d’audience devant laquelle vous entraîner. Nous vous recommandons donc de placer deux rangées de Post-its devant vous, sur un mur, qui représentera les personnes de l’auditoire. Commencez par regarder un des Post-its, qui représente une personne. Adressez-lui une phrase complète. Ne changez pas de post-it avant d’avoir fini votre phrase. Ensuite, sélectionnez un autre post-it et récitez-lui une autre phrase.

Idéalement, vous devez trouver le bon équilibre entre regarder un seul post-it et changer de post-it constamment, avant même d’avoir fini une phrase complète. En général, il faut faire une à trois phrases complètes avant de changer d’auditeur.

Au début cela paraîtra artificiel, mais avec l’entraînement cela va devenir naturel, et vous allez pouvoir établir une connexion beaucoup plus efficace avec l’auditoire.

Dans une petite salle, avec juste quelques personnes face à vous, il est important de s’adresser à chacune d’entre elles. Dans des salles plus grandes, à partir de 20 personnes ou plus, c’est plus difficile de s’adresse à tout le monde, mais veillez à au moins regarder dans toutes les directions. Dans les grandes salles, face à des centaines ou des milliers de personnes, il faut s’assurer de regarder à gauche, au centre, à droite, les premiers rangs comme les rangs du fond (ou les balcons s’il y en a). Lorsque vous êtes très éloigné du public, celui-ci ne sait pas si vous le regardez vraiment directement, mais faites comme si vous vouliez établir cette connexion visuelle avec une des personnes de la foule.

Gestuelle

Une bonne gestuelle vous donnera de l’aisance sur scène et renforcera les passages clés de votre discours. La gestuelle, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.

Une bonne gestuelle est naturelle, ouverte et expressive. Naturelle, car elle correspond à votre style. Si vous êtes plutôt expansif, vous pouvez faire de grands et nombreux gestes. Si vous êtes plutôt réservé, une gestuelle posée mais efficace est tout à fait adaptée. Le pire est d’essayer d’adapter une gestuelle qui ne correspond pas à notre style naturel. Elle est aussi ouverte, tournée vers le public, et ne cachant pas l’orateur. Enfin, elle est expressive : elle ponctue, illustre et renforce le discours.

Nous allons expliquer comment pratiquer la gestuelle, mais avant cela listons quelques gestes à éviter :

  • Mettre une ou deux mains dans les poches. Cela donne une impression de nonchalance, de désinvolture.
  • Avoir les bras croisés. Contrairement à un mythe bien répandu, cela ne veut pas dire que vous avez une attitude fermée ; c’est en général simplement une position de confort. Cependant, ce mythe a été tellement répété qu’il est déconseillé d’avoir les bras croisés face au public.
  • Avoir les bras derrière le dos (nous l’appelons la position du fusillé !) C’est une position dénotant un certain inconfort de la part de l’orateur.
  • Se frotter les mains. Bill Gates avait ce défaut lorsqu’il présentait. Cela lui donnait l’air de comploter en permanence, un peu comme Mr. Burns dans les Simpson…
  • Pointer du doigt (quel que soit le doigt) : c’est un geste qui est considéré comme grossier ou inapproprié dans de nombreuses cultures. Si vous voulez montrer une direction, il vaut mieux le faire en tendant la main entière.


Pour pratiquer la gestuelle, commencez par prendre une posture ancrée, respirez calmement. Laissez vos bras le long du corps, détendus. Imaginez-vous en train d’établir le contact visuel avec le public face à vous. Dans cette position, vous allez sûrement vous sentir mal à l’aise, peu naturel. Pourquoi ? Parce que c’est une position vulnérable, ouverte, qui n’offre aucune protection psychologique face au public. Pourtant, quelqu’un qui vous regarde aura l’impression que vous êtes « normal ». C’est le paradoxe de la gestuelle : ce que l’on ressent peut être très différent de ce que le public perçoit.

Une fois cette première position avec les bras relâchés le long du corps assumée, commencez à parler. Utilisez naturellement les mains et les bras pour ponctuer les moments clés de votre discours. Encore une fois, en dehors des gestes « interdits » ou « incohérents », une gestuelle spontanée et naturelle est la meilleure. C’est simple non ? Il suffit alors d’utiliser des gestes « cohérents ». Si vous parlez de quelque chose de petit ou simple, ne faites pas de grands gestes ou de gestes élaborés, faites de petits gestes simples. Si vous parlez de quelque chose de lent, ne faites pas de gestes rapides, mais plutôt des gestes posés, précis, lents.

N’oubliez pas qu’en gestuelle, il faut tout faire en « miroir », car le public voit tout en inversé par rapport à votre point de vue. Par exemple, si vous évoquez une ligne du temps imaginaire, vous allez naturellement la tracer avec vos mains de votre gauche à votre droite. Mais pour le public qui vous regarde, cette ligne du temps est tracée de sa droite à sa gauche, donnant l’impression que vous remontez dans le temps. La bonne technique consiste à inverser tous vos gestes. Tracez cette ligne du temps de droite à gauche (dans le « mauvais sens » pour vous). De cette manière, votre auditoire la verra dans le bon sens, de gauche à droite.

La prise de parole sur scène

Nous allons voir comment appliquer les techniques de prise de parole tout au long d’une présentation, depuis l’entrée en scène jusqu’à la conclusion.

L’entrée en scène

Une entrée en scène réussie vous donnera énergie, une bonne connexion avec le public et établira votre présence sur scène.

Avant l’entrée en scène, vous serez dans les coulisses, assis dans le fond de la scène, ou au pied de celle-ci. Dès que votre tour arrive, entrez en scène en marchant d’un pas décidé, ni trop mou, ni trop rapide. Dès que possible, établissez le contact visuel avec l’auditoire. Regardez-le pendant que vous allez prendre votre position au centre de la scène. Une fois arrivé au milieu, prenez le temps de vous approprier la scène. Posez vos appuis, bras relâchés le long du corps. Ne prenez la parole qu’une fois vos appuis posés. Les vrais leaders ne parlent que lorsqu’ils sont prêts. Ce sont eux qui dictent le tempo.

Pour vous entraîner, nous vous conseillons de vous déplacer jusqu’au centre de la scène, de prendre vos appuis et de compter jusqu’à trois avant de commencer à parler.

La première minute

La première minute de prise de parole est la plus difficile, en particulier si votre entrée sur scène ne s’est pas déroulée comme prévu. Le meilleur moyen de réussir sa première minute, c’est de faire en sorte qu’elle soit parfaitement maîtrisée, et pour cela, il n’y a pas de secrets : il faut la répéter jusqu’à ce qu’elle soit parfaite. Ces répétitions vous aideront également a mieux gérer le stress le jour J.

Maintenir la connexion avec le public

Pendant le reste de la présentation, appliquez les méthodes apprises. Veillez à bien regarder chaque personne, dans toutes les directions. Ne vous dépêchez pas.

Conclure sa prise de parole

En France, le mot magique pour indiquer que vous avez terminé de parler est « merci ». Si le public applaudit, attendez un peu, puis quittez lentement la scène, toujours en essayant de garder le contact visuel avec les personnes. Bravo, vous venez de terminer votre prise de parole !

Résoudre les problèmes courants liés à la prise de parole

Stress, « euh », mouvements désordonnés, voix monotone, cette section contient nos conseils pour vous débarrasser de vos défauts de prise de parole. Certains points sont rapides à corriger, d’autres peuvent nécessiter des heures de travail, voire plus. Ne vous découragez pas, et si nécessaire faites-vous accompagner d’un coach.

Gérer le stress

La prise de parole en public est une des activités les plus redoutées, car elle nous laisse très vulnérables face aux réactions parfois imprévisibles du public. Heureusement, il existe différentes méthodes pour gérer ce stress.

Ressentir du stress est normal et même sain, tant que celui-ci reste supportable. Mais si le stress devient trop élevé, il risque de vous bloquer et de réduire l’impact de votre présentation. Il faut alors utiliser des méthodes de gestion active du stress. Nous sommes tous différents, et ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionne pas nécessairement pour une autre. Par exemple, certaines personnes utiliseront la méditation pour se détendre alors que pour d’autres, cela ne fera qu’augmenter leur stress. Cependant, à la base, les causes profondes sont les mêmes pour tout le monde :

  • La peur d’une « mort » symbolique de notre Ego face au jugement et au regard du public. Cette peur peut également se dériver en peur de l’échec.
  • La peur de l’inconnu, l’impossibilité de contrôler le futur, ce qui génère une angoisse d’attente parfois insupportable.

Pour combattre ces deux causes, il existe de nombreuses méthodes. Je vais en lister quelques-unes ici :

  • Répéter, répéter, répéter. On ne le dira jamais assez, le manque de préparation est une des causes majeures de stress.
  • Utiliser la réalité virtuelle pour se désensibiliser à la peur de faire face à de nombreuses personnes.
  • Pratiquer la méditation pour se détendre.
  • Pratiquer la répétition mentale avant l’entrée sur scène.
  • Rester dans l’instant présent pour éviter d’échafauder des scénarios catastrophes ou d’angoisser sur le futur.
  • Garder un contact permanent avec d’autres personnes.
  • Se faire des Alliés dans le public.

Si la peur de la prise de parole en public est particulièrement vous fait particulièrement souffrir, je vous invite à lire ces articles que j’avais écrits sur mon blog personnel :


Éliminer les « euh »

Les « euh » sont le tic de langage le plus fréquent lors de la prise de parole en public. Et pour les corriger, on va utiliser… le regard. Comme on dit, les euh s’éliminent avec les yeux !

Pourquoi fait-on des « euh » lorsqu’on parle en public ? Parce qu’on réfléchit à ce qu’on va dire. Le euh est le bruit que l’on fait lorsqu’on se tourne vers ses propres pensées et que l’on réfléchit. Comme on ne sait pas quoi dire, mais qu’on a horreur du silence, on fait euh !

Les euh s’accompagnent d’un mouvement des yeux systématique : on décroche le regard pour regarder en l’air. Observez bien les personnes qui font des euh, c’est un réflexe automatique que nous avons. Alors, le truc pour éliminer les euh lors de la prise de parole ? Lorsque vous ne savez pas quoi dire, arrêtez simplement de parler, sans faire de euh, mais gardez à tout prix votre regard posé sur l’auditoire. Prenez le temps de laisser votre phrase suivante venir à votre esprit, puis recommencez à parler. Vous verrez, avec un peu de pratique, les euh vont disparaître à tout jamais.

Éviter les mouvements parasites

Certaines personnes bougent sans arrêt sur scène. Encore une fois, c’est le regard qui va jouer un rôle déterminant. Pour comprendre cela, faites un petit test : essayez de bouger lorsque vous parlez en regardant quelqu’un que vous connaissez. C’est impossible. Le regard ancre l’orateur par rapport à son interlocuteur.

Les personnes qui bougent sans cesse, que ce soit sur place ou de gauche à droite, ne regardent pas vraiment le public. Elles regardent leurs pieds, le plafond ou, plus subtil, dans la direction du public mais sans réellement regarder le public.

Si vous ancrez vraiment votre regard dans le public, vous arrêterez de bouger de manière involontaire.

Regarder tout le temps dans la même direction

Certaines personnes regardent tout le temps dans la même direction. Parfois même, elles ne regardent qu’une seule personne pendant toute la présentation. C’est souvent dû au phénomène « élève - professeur » : l’élève regarde son professeur pendant toute la présentation parce qu’inconsciemment il cherche à jauger ses réactions et à obtenir son approbation. Croyez-moi, son professeur n’a pas envie d’être le centre de l’attention pendant toute la présentation !

Pour éviter cela, il faut répéter l’exercice des Post-its, et surtout, il faut se détacher mentalement de l’enjeu, et considérer chaque personne du public, que ce soit un professeur ou un autre élève, sur un pied d’égalité.

Éviter la voix « monotone »

Si vous avez tendance à prendre une voix faible ou monotone lorsque vous prenez la parole en public, nous vous conseillons de pratiquer les 4 tempos, tels que décrits dans cette excellente vidéo réalisée par mes collègues Michael et Rose.


Cette vidéo fait partie de notre série The Business Presentation Revolution

Pour aller plus loin

L’art oratoire n’est qu’un des éléments d’une prise de parole réussie. Voici quelques conseils pour aller plus loin et transformer votre intervention en succès.

Développer un message et un discours forts

Être un excellent orateur mais n’avoir rien à dire, ce n’est pas très utile. C’est pourquoi nous conseillons toujours de commencer par identifier le message clé. Pour vous y aider, nous avons développé une technique appelée le « parcours de transformation de l’auditoire ». C’est une méthode qui permet d’identifier les messages clés pour convaincre votre public.

Utilisation de visuels

Les visuels sont bien souvent constitués d’une présentation PowerPoint, mais pas seulement. Cela peut être des objets que vous amenez avec vous sur scène, des dessins que vous faites sur un paperboard ou une tablette numérique, ou un jeu scénique particulièrement élaboré.

Si vous utilisez des slides PowerPoint (ou un autre logiciel de présentation comme Keynote ou Prezi), notre conseil est de les garder les plus simples possible, et d’y mettre le minimum. Lorsque nous aurons le temps, nous écrirons un guide similaire à celui-ci pour la création d’une présentation PowerPoint efficace.

Travailler avec un coach

Nous avons essayé de rendre ce guide le plus complet possible. Cependant, l’art oratoire, c’est comme le tennis : personne ne naît en sachant jouer, il est indispensable de prendre des cours et de s’entraîner pour le maîtriser. Un coach en prise de parole vous aidera à apprendre les différentes techniques d’art oratoire et à les appliquer. Quel que soit votre niveau actuel, vous ne pourrez que progresser. Si ce guide vous a plu, n’hésitez pas à nous contacter avec le formulaire ci-dessous.